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    <subfield code="a">Paris</subfield>
    <subfield code="c">Sabine Wespieser</subfield>
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    <subfield code="a">1 vol.(145 p.)</subfield>
    <subfield code="c">couv. ill. en coul.</subfield>
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    <subfield code="a">Sans jamais l&#x2019;aborder de plein front, Zahia Rahmani se sert d&#x2019;une actualit&#xE9; br&#xFB;lante pour raconter la qu&#xEA;te identitaire d&#x2019;une d&#xE9;racin&#xE9;e.

"Je sais qu&#x2019;on se soucie de nous. Mais du sentiment que, nous, nous avons de nous qui s&#x2019;en soucie ?" "Nous", sous la plume de Zahia Rahmani, ce sont les musulmans. Certains, ceux qui se vouent au martyr, "sont morts comme vivants" et puis, il y a les autres, tous les autres, les vivants avant d&#x2019;&#xEA;tre morts, arabes, bien s&#xFB;r, mais aussi perses, kurdes ou encore berb&#xE8;res. Une vraie diversit&#xE9; que quelques-uns continuent d&#x2019;ignorer, pr&#xE9;f&#xE9;rant le principe de guerres de civilisations. Pas tous, heureusement, d&#x2019;o&#xF9;, sans doute, ce "je sais qu&#x2019;on se soucie de nous". Principe insuffisant, n&#xE9;anmoins, quand on assimile, m&#xEA;me avec la meilleure des volont&#xE9;s qui soit, des communaut&#xE9;s h&#xE9;t&#xE9;roclites &#xE0; une seule et simple religion, sans se pr&#xE9;occuper du fait que, &#xE0; l&#x2019;int&#xE9;rieur de cette derni&#xE8;re entit&#xE9;, chaque individu porte en lui sa propre langue, son histoire, ses parents, ses deuils. Comment renouer, dans ces conditions, avec son identit&#xE9; ? Comment ne pas se sentir d&#xE9;laiss&#xE9; ? Comment ne pas &#xE9;prouver le devoir de se confronter &#xE0; ceux qui pratiquent l&#x2019;assimilation syst&#xE9;matique ? Toutes ces questions pour arriver &#xE0; la plus traumatisante d&#x2019;entre elles : peut-on encore se permettre d&#x2019;&#xE9;lever des enfants dans un monde qui ignore vos origines ?
 La narratrice du roman de Zahia Rahmani est parqu&#xE9;e dans un camp avec des individus qui ne parlent pas la m&#xEA;me langue mais que l&#x2019;on d&#xE9;signe sous le terme g&#xE9;n&#xE9;rique d&#x2019;ennemis parce que, dit-on, ils v&#xE9;n&#xE8;rent un Dieu commun et, on le devine, criminel. L&#x2019;occasion pour elle de se rem&#xE9;morer cette nuit o&#xF9;, &#xE0; cinq ans, tout juste d&#xE9;barqu&#xE9;e d&#x2019;Alg&#xE9;rie, elle a perdu sa langue (le berb&#xE8;re), une langue orale, une langue "de r&#xE9;cits d&#x2019;ogres et de l&#xE9;gendes", au profit de la "langue d&#x2019;Europe" (le fran&#xE7;ais), une langue &#xE9;crite. Cette nuit o&#xF9; elle r&#xEA;va qu&#x2019;elle se trouvait &#xE0; l&#x2019;int&#xE9;rieur d&#x2019;&#xE9;l&#xE9;phants transparents. Cette nuit o&#xF9;, contrairement, aux Mekkois le soir de la naissance de Mahomet, elle ne prit pas la fuite [1]. Comme si elle ne croyait plus aux miracles parce qu&#x2019;une force irraisonn&#xE9;e lui imposait d&#x2019;entrer de plein pied dans un corps &#xE9;tranger. Il fallait s&#x2019;int&#xE9;grer.
 Plus les pages de "Musulman" Roman d&#xE9;filent, plus, &#xE0; regret parfois, la prose devient revendicative, col&#xE9;rique, pour s&#x2019;achever sous la forme d&#x2019;un dialogue absurde au sens th&#xE9;&#xE2;tral du terme. Zahia Rahmani m&#xE9;lange les genres narratifs, sans jamais renoncer au domaine o&#xF9; elle atteint l&#x2019;excellence, la po&#xE9;sie. En quelques mots, quelques phrases courtes, elle &#xE9;claire ses lecteurs sur ce que signifie la difficult&#xE9; d&#x2019;&#xEA;tre soi.
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