"Musulman" [Livre] : roman / Zahia Rahmani
Langue : français.Publication : Paris : Sabine Wespieser, 2015Description : 1 vol.(145 p.) : couv. ill. en coul. ; 16 cmISBN : 9782848051888.Dewey : 843Résumé : Sans jamais l’aborder de plein front, Zahia Rahmani se sert d’une actualité brûlante pour raconter la quête identitaire d’une déracinée. "Je sais qu’on se soucie de nous. Mais du sentiment que, nous, nous avons de nous qui s’en soucie ?" "Nous", sous la plume de Zahia Rahmani, ce sont les musulmans. Certains, ceux qui se vouent au martyr, "sont morts comme vivants" et puis, il y a les autres, tous les autres, les vivants avant d’être morts, arabes, bien sûr, mais aussi perses, kurdes ou encore berbères. Une vraie diversité que quelques-uns continuent d’ignorer, préférant le principe de guerres de civilisations. Pas tous, heureusement, d’où, sans doute, ce "je sais qu’on se soucie de nous". Principe insuffisant, néanmoins, quand on assimile, même avec la meilleure des volontés qui soit, des communautés hétéroclites à une seule et simple religion, sans se préoccuper du fait que, à l’intérieur de cette dernière entité, chaque individu porte en lui sa propre langue, son histoire, ses parents, ses deuils. Comment renouer, dans ces conditions, avec son identité ? Comment ne pas se sentir délaissé ? Comment ne pas éprouver le devoir de se confronter à ceux qui pratiquent l’assimilation systématique ? Toutes ces questions pour arriver à la plus traumatisante d’entre elles : peut-on encore se permettre d’élever des enfants dans un monde qui ignore vos origines ? La narratrice du roman de Zahia Rahmani est parquée dans un camp avec des individus qui ne parlent pas la même langue mais que l’on désigne sous le terme générique d’ennemis parce que, dit-on, ils vénèrent un Dieu commun et, on le devine, criminel. L’occasion pour elle de se remémorer cette nuit où, à cinq ans, tout juste débarquée d’Algérie, elle a perdu sa langue (le berbère), une langue orale, une langue "de récits d’ogres et de légendes", au profit de la "langue d’Europe" (le français), une langue écrite. Cette nuit où elle rêva qu’elle se trouvait à l’intérieur d’éléphants transparents. Cette nuit où, contrairement, aux Mekkois le soir de la naissance de Mahomet, elle ne prit pas la fuite [1]. Comme si elle ne croyait plus aux miracles parce qu’une force irraisonnée lui imposait d’entrer de plein pied dans un corps étranger. Il fallait s’intégrer. Plus les pages de "Musulman" Roman défilent, plus, à regret parfois, la prose devient revendicative, colérique, pour s’achever sous la forme d’un dialogue absurde au sens théâtral du terme. Zahia Rahmani mélange les genres narratifs, sans jamais renoncer au domaine où elle atteint l’excellence, la poésie. En quelques mots, quelques phrases courtes, elle éclaire ses lecteurs sur ce que signifie la difficulté d’être soi. . Type de document :
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Nouveautés Romans 2015
| Image de couverture | Type de document | Bibliothèque actuelle | Bibliothèque de rattachement | Collection | Localisation | Cote | Matériels spécifiés | Info sur le volume | URL | Numéro d'exemplaire | Statut | Notes | Date de retour prévue | Code à barres | Réservations | Priorité de la file des réservations | Réserves de cours | |
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| Bibliothèque Bernheim Pret adulte 800 | 843 RAH (Parcourir l'étagère(Ouvrir ci-dessous)) | Disponible | ARO | 00411600 |
Sans jamais l’aborder de plein front, Zahia Rahmani se sert d’une actualité brûlante pour raconter la quête identitaire d’une déracinée.
"Je sais qu’on se soucie de nous. Mais du sentiment que, nous, nous avons de nous qui s’en soucie ?" "Nous", sous la plume de Zahia Rahmani, ce sont les musulmans. Certains, ceux qui se vouent au martyr, "sont morts comme vivants" et puis, il y a les autres, tous les autres, les vivants avant d’être morts, arabes, bien sûr, mais aussi perses, kurdes ou encore berbères. Une vraie diversité que quelques-uns continuent d’ignorer, préférant le principe de guerres de civilisations. Pas tous, heureusement, d’où, sans doute, ce "je sais qu’on se soucie de nous". Principe insuffisant, néanmoins, quand on assimile, même avec la meilleure des volontés qui soit, des communautés hétéroclites à une seule et simple religion, sans se préoccuper du fait que, à l’intérieur de cette dernière entité, chaque individu porte en lui sa propre langue, son histoire, ses parents, ses deuils. Comment renouer, dans ces conditions, avec son identité ? Comment ne pas se sentir délaissé ? Comment ne pas éprouver le devoir de se confronter à ceux qui pratiquent l’assimilation systématique ? Toutes ces questions pour arriver à la plus traumatisante d’entre elles : peut-on encore se permettre d’élever des enfants dans un monde qui ignore vos origines ?
La narratrice du roman de Zahia Rahmani est parquée dans un camp avec des individus qui ne parlent pas la même langue mais que l’on désigne sous le terme générique d’ennemis parce que, dit-on, ils vénèrent un Dieu commun et, on le devine, criminel. L’occasion pour elle de se remémorer cette nuit où, à cinq ans, tout juste débarquée d’Algérie, elle a perdu sa langue (le berbère), une langue orale, une langue "de récits d’ogres et de légendes", au profit de la "langue d’Europe" (le français), une langue écrite. Cette nuit où elle rêva qu’elle se trouvait à l’intérieur d’éléphants transparents. Cette nuit où, contrairement, aux Mekkois le soir de la naissance de Mahomet, elle ne prit pas la fuite [1]. Comme si elle ne croyait plus aux miracles parce qu’une force irraisonnée lui imposait d’entrer de plein pied dans un corps étranger. Il fallait s’intégrer.
Plus les pages de "Musulman" Roman défilent, plus, à regret parfois, la prose devient revendicative, colérique, pour s’achever sous la forme d’un dialogue absurde au sens théâtral du terme. Zahia Rahmani mélange les genres narratifs, sans jamais renoncer au domaine où elle atteint l’excellence, la poésie. En quelques mots, quelques phrases courtes, elle éclaire ses lecteurs sur ce que signifie la difficulté d’être soi.